תקציר המושב השישי כנס צפון אפריקה ויהודיה בתקופת מלחמת העולם השנייה, מחקרים חדשים

 

דניס שרביט

הבדלה וגלות פנימית: זיכרון החקיקה האנטישמית באלג'יריה בעיני ז'אק דרידה ובנימין סטורה (צ)

Denis Charbit

Différence et exil intérieur: mémoire de la législation antisémite en Algérie dans l'œuvre de Jacques Derrida et de Benjamin Stora

 

Jacques Derrida est philosophe, Benjamin Stora est historien;  tous deux ont en commun le fait d'être nés au sein d'une famille juive en Algérie. Mais alors que le premier fut contemporain de la dissolution du décret Crémieux en 1940, l'autre est né après son rétablissement. Etre un juif d'Algérie sous la seconde guerre mondiale ne semblait pas être chez eux, en apparence, un thème qui mérite réflexion. Et cependant,  Derrida s'y réfère dans quelques-uns de ses livres publiées dans les années 1980 et 1990, notamment Le Monolinguisme de l'autre en 1996. Quelques années plus tard,  Benjamin Stora, après avoir travaillé sur le nationalisme algérien et la mémoire de la guerre d'Algérie, consacrait un ouvrage aux juifs d'Algérie, Les Trois exils, avec en son cœur un chapitre sur la période de Vichy en Algérie. Comment cette exclusion de la citoyenneté fut-elle ressentie ? Quelles traces a-t-elle laissées? Pourquoi ce long silence sur cette "dégradation" dont parle Derrida, analogue à la dégradation d'un autre type dont avait été l'objet le capitaine Dreyfus en son temps? Pourquoi cette censure durable sur "l'exil" dont parle Benjamin Stora? Cette expérience de la marginalisation politique et sociale a inspiré à l'un et à l'autre, chacun dans son propre registre, une réflexion aigüe sur la fragilité d'une triple identité franco-judéo-algérienne, et qui n'est pas loin d'avoir été à la source de ce marranisme revendiqué par Derrida, et même de la déconstruction, d'une part, et de la circulation de Benjamin Stora entre Histoire et mémoire, entre histoire collective et personnelle en particulier. 

 

 

נורבר בלאנג'

באפלת וישי: יהודי מוסטגנם ותלמסן וילדיהם במחנה בדו לאור העיתונות המקומית (צ)

 

Norbert Bel Ange

Sous l’éteignoir de Vichy ( 1941-1943), les Juifs de Mostaganem, de Tlemcen et leurs fils au camp de Bedeau, à l’aune de la presse locale.

 

A André Chouraqui ( zil), notre grand devancier.

 

L’histoire récente du Judaïsme maghrébin est de mieux en mieux connue aujourd’hui. Grâce aux travaux pionniers d’ André Chouraqui et de Haïm Zafrani. Depuis, d’autres historiens plus jeunes ont produit « une littérature » des plus fournies. Pour ce qui est des travaux en langue française, nous songeons aux travaux de Richard Ayoun (en particulier sa thèse sur le rabbin Mahir Charleville, grand rabbin d’Oran dans la deuxième moitié du XIXe siècle) et à ceux de Yves-Claude Aouate, l’auteur d’une belle thèse sur « Les Juifs d’Algérie pendant la seconde guerre mondiale ». Sans oublier les nombreux travaux de Mickael Abitbol, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem.

Depuis plus de trente ans environ, des travaux universitaires et d’autres hors le cadre académique n’ont cessé d’explorer les différents aspects du judaïsme magrébin. Nous songeons au très beau livre de Joelle Bahloul : « Le culte de la table dressée ».

Tout récemment, au moment où nous commençons à rédiger, en nov 2007, la télévision française a donné sur F3, deux émissions d’une durée totale d’environ trois heures et vingt minutes. Le premier volet s’intitule : « De l’affaire Dreyfus  à Vichy » ; le second volet : « De la Libération à nos jours ».

Dans ce documentaire, l’histoire du Judaïsme maghrébin et à fortiori l’histoire du Judaïsme algérien ont été réduits à la portion congrue. Dans le premier volet, une très rapide évocation de la crise antijuive en Algérie précédant l’affaire Dreyfus et concomitante de celle-ci. Dans le second volet, l’histoire du Judaïsme algérien fut évoquée au travers des propos éclairants du professeur Raphael Dray.

Seuls le dynamisme des juifs pieds noirs et leur chaleur communicative furent mis en relief.

Sinon rien sur nos grands-oncles tombés dans les Balkans, entre 1915 et 1918.

Rien en ce qui concerne le régime de Vichy en Algérie.

Rien en ce qui concerne la participation de nos pères dans les rangs de l’armée d’Afrique, dans la 2e DB du général Leclerc, lors du débarquement d’août 1944 en Provence.

Rien en ce qui concerne ces camps que Vichy a ouverts uniquement pour y accueillir des soldats juifs algériens marocains ou tunisiens.

Prétexte me direz-vous que de signaler les manques de ces émissions destinées à un grand public. Certes.

Il est vrai que cette page singulière de l’histoire du judaïsme algérien ne s’écrit que depuis peu. Tant les mémoires de nos anciens demeuraient verrouillées sur cette page sombre de leur histoire, histoire qu’ils ont tue au sein même de leur famille.

Aussi à travers notre modeste contribution, nous sommes heureux de porter au jour cette page d’histoire.

Nous avons choisi de nous intéresser dans le cadre restreint de cette communication au cas de l’Oranie. En particulier aux villes et aux communautés de Mostaganem (où nous sommes né) et de Tlemcen.

La première à l’est d’ Oran, la seconde à l’ouest.

Nous avons voulu aussi nous intéresser à la manière dont la presse locale relayait les décisions de Vichy, la mentalité ambiante de l’époque, le silence assourdissant de la majorité européenne face au sort inique réservé à ces nouveaux anciens juifs indigènes, l’activisme anti juif au sein même des plus grands journaux de l’époque. Sans oublier la presse d’extrême droite étalant à pleines pages un discours haineux et raciste.

 

 

הדפסשלח לחבר
Bookmark and Share
כנסים בין לאומיים נוספים
צפון אפריקה ויהודיה בתקופת מלחמת העולם השנייה, מחקרים חדשים
כנס בינלאומי- יהודי המזרח התיכון בצל השואה
Conférence internationale, Mémorial de la Shoah 2012
כינוס בין-לאומי בנושא סוף 1942: נקודת מפנה במלחמת העולם השנייה ובהבנת "הפתרון הסופי"?